Indi, Indi revient. Indi recherche le cercle ancien.

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Les songes hors série
4 min ⋅ 13/01/2025

Parmi les grands héros du XXe siècle qui nous ont marqués, il y a bien sûr les héros policiers Hercule Poirot ou Miss Marple dont la plume d’Agatha Christie a esquissé la naissance, puis des espions, en la personne de l’inimitable 007 et puis d’autres aventuriers comme Indiana Jones. Et Indiana Jones est justement le héros dont cet article prétend parler. Et pas par n’importe quel prisme ! Celui du jeu-vidéo ! Evidemment, le héros a été popularisé au cinéma dès 1981 par deux grands noms du XXe du cinématographe : Steven Spielberg et Georges Lucas, respectivement réalisateur et producteur des quatre premiers volets. On reconnaît bien la patte de Spielberg et la façon dont l’aventure sied magnifiquement à l’histoire qu’on prétend nous raconter, jalonnée d’énigmes et de chasses en tout genre. Chasses aux trésors face aux nazis, fascistes, et autres impériaux japonais. Le tout surmontée du suaire de la connaissance dont chacun des partis souhaitent s’emparer à des fins mégalomanes. Toutefois, le professeur Indiana Jones et sa soif de connaissances sont là pour garantir le respect de l’Histoire et surtout le goût pour l’archéologie, arrêter les affreux méchants, et si possible, en profiter pour séduire ou aimer. Voilà le ton des Indiana qui nous rappellent l’époque glorieuse d’un cinéma qui ne se prenait pas les pieds dans le tapis. Dialogues efficaces, personnages mythiques, acteurs talentueux, grands mystères du monde. Tout est réuni pour garantir au spectateur deux belles heures d’aventure et de triomphe de la connaissance. Le tout est haletant et on a envie de rejoindre Indi, de sa chaire de professeur d’archéologie au Marshall College, jusqu’au fin fond des canyons où se dissimule la coupe du Graal. Coiffé de son éternel panama brun, le fouet aux côtés, Indiana Jones s’est imposé dans nos mémoires jusqu’à ce que Disney + ressorte Harrison Ford pour quêter, en 2023, le Cadran de la Destinée. ( Sous un scénario, l’appel du sacro-saint dollar…)

Toujours est-il qu’Indiana Jones est encore un personnage qui marque les esprits. Il est presque indissociable de l’acteur phare qui l’incarne. En 1989, Harrison Ford est rejoint par Sean Connery, qui tient le rôle d’un père, médiéviste littéraire trop absent, qui a consacré sa vie à la recherche du Graal. D’autres noms du cinéma, comme John Rhys-Davies – Gimli pour les intimes – ou Denholm Elliott – per ardua ad astra – accompagneront notre héros de l’Arche d’Alliance pour les deux cités, et avant cela le Temple Maudit jusqu’au, plus redouté, crâne de cristal. Et voici que pour nos nostalgies – déjà – excitées paraît un jeu d’action-aventure que va travailler MachineGames. La production est signée Bethesda ( qui a dit Bugthesda?!), en coopération avec Lucasfilm Games. Ahhh… Lucasfilm Games, que de belles signatures dans une galaxie lointaine, très lointaine, avant qu’une autre galaxie pavée d’univers princes à bouffer du foin ne vienne taillader les fondations, en 2012. Jeu PC par excellence, Indiana Jones et le cercle ancien sort aussi sur Xbox et bientôt sur PS5. L’histoire prend place entre L’arche perdue et La dernière croisade. Soit en 1937. Indiana s’est remis de ses deux dernières aventures, mais Marion Ravenwood, sa fiancée, n’est plus – j’ose dire – de la partie.

Les mécaniques de gameplay ne réinventent pas stricto sensu le jeu-vidéo. Le jeu mise davantage sur des phases d’infiltration bien que les plus bourrins d’entre nous pourront, sans aucun souci, en venir aux mains. Les mains, parlons en, car on les voit souvent. Le choix a été vivement critiqué bien avant sa sortie officielle, mais l’on contrôlera Indi en FPS. Pour les plus néophytes d’entre nous, FPS est l’acronyme anglais de first person shooter, qui signifie littéralement première personne qui tire ou tireur, donc un jeu orienté à la première personne, où l’on EST le héros. Les cinématiques et quelques actions du personnage nous permettent toutefois d’apprécier notre Indi à la troisième personne. Et quelles cinématiques ! Quel jeu !

Indiana Jones et le cercle ancien rend réellement un hommage séduisant à la franchise de films qui a fait son succès. Des couloirs sinueux, mystérieux et secrets du Vatican, nous allons jusqu’à Gizeh, en Egypte, où l’Himalaya nous fait bientôt de l’œil avant que Jones ne se dirige vers d’autres destination à la recherche de ce fameux artefact, le cercle ancien, tiré d’une connaissance de Jones selon laquelle les grands lieux historiques et fondateurs de l’Humanité formeraient, à la surface du globe, un cercle mystique, que l’intrigue de ce jeu va développer conséquemment. L’ambiance est parfaitement retranscrit si bien qu’elle garantit, avec le FPS qu’on pensait décevant, une parfaite immersion du joueur dans la peau de l’archéologue. Emmerich Voss est LE méchant de ce jeu, tutoyant de près un Mussolini et autres Hitler graves et déjà vomitifs. Ses techniques de persuasion en font céder plus d’un et il a ce grain qui – logiquement – nous persuade bien plus qu’il nous convainc. Son regard est noir et sa passion pour l’idéologie nazie folle et surtout affolante.

Indiana Jones et le cercle ancien est aussi l’occasion de retrouver notre Indi. Presque tout est organisé pour nous rendre la nostalgite heureuse. Le jeu s’ouvre sur une scène du premier film, que l’on revit à la première personne. Une double aubaine. Déjà celle de pouvoir raccrocher le jeu à l’intrigue des films, et de faire mouche Au détour d’une conversation profonde, on retrouve, de la propre bouche d’Indiana, le prénom de Marion, et on le voit dans sa pleine humanité. La Bande originale du film, que signa John Williams, tonitrue dans nos oreilles, et ravive de ses notes, notre profonde envie de jouer à ce jeu A la VF, Richard Darbois, qui doublait déjà Harrison Ford depuis pas mal de temps et qui avait donné ses lettres de noblesse au personnage dans La Dernière Croisade, revient nous régaler. Les énigmes sont là, l’Histoire aussi. Indiana fait claquer son fouet d’une voix jugée un peu discordante. Pas de doute, c’est bien l’Indi français, mais le temps a passé pour Darbois devant un Jones Junior qui est demeuré jeune.

On sait pardonner cela, et il faut le reconnaître, ce jeu me fait diablement de l’oeil, si je n’avais pas une telle réticence pour les énigmes. Il est peut-être venu l’occasion d’enfin se réconcilier avec le remue-méninges...

crédits image: Bethesda

Les songes hors série

Par Lucas Da Costa